[IRL] Edition 6 de Le Salon Fantastique « Magie et Merveilles » : promesses tenues ?

Ce début de mois de novembre correspondait au retour de Le Salon Fantastique pour une deuxième édition annuelle, cette fois-ci à l’Espace Champerret, son lieu habituel. Nous vous avions déjà parlé de ce salon lors  de sa précédente édition . Cette fois-ci, il n’était pas venu seul car il partageait son espace avec Ohayo Paris et Le Salon Du Jeu.

Contrairement à la plupart des visiteurs, j’ai découvert le salon lors de son édition 5.1 dans un lieu qui ne lui était pas familier. Qu’en était-il de son emplacement habituel ?

Parce qu’il existent, autant les évacuer de suite : je vais commencer par les défauts du salon.

Points négatifs de cette édition

L’espace trop petit

Le plus gros point noir du salon de mon point de vue : celui-ci m’a semblé plus réduit qu’au Paris Event Center, une seule aile de l’Espace Champerret étant exploitée comme pour le Paris Comics  Expo. Il est vrai cependant que lors de l’édition 5.1, certains stands, les arènes et la majorité des points alimentaires étaient dehors, ce qui n’était pas l’idéal pour eux vu le temps plutôt froid qu’il faisait mais libérait de la place au sein du hangar. Ici, tout le monde, à part le stand de hot-dog, étaient bien au chaud, mais les allées plutôt étroites rendaient assez vite la circulation difficile. L’avantage est que j’avais fait la Comic Con la semaine dernière et que ça restait quand même plus agréable, les gens ne se bousculant pas trop et évitant de rester au milieu du passage sans raison.

Le salon fonctionnant surtout avec des bénévoles et les cotisations des stands, sans gros sponsors, son budget ne lui permet sans doute pas d’avoir plus grand.

Ce défaut en entraîne un autre : pour les personnes venues uniquement pour les boutiques, le tour du salon se faisait très (trop ?) rapidement.

La sonorisation

Tout ce petit monde dans un espace restreint fait qu’il règne un brouhaha permanent, pas forcément fort mais pouvant être dérangeant pour la compréhension des conférences ou Questions/Réponses de la Petite ou la Grande Scène, ces espaces n’étant pas fermés. Le problème ne s’est pas trop posé pour les conférences de la Petite Scène auxquelles j’ai assisté mais a été un véritable souci pour les Questions-Réponses de Chris Rankin du samedi où on entendait mal les questions et les réponses de l’acteur. Certains cosplayeurs ayant choisi de faire leur prestation au micro ont rencontré le même problème.

Chris Rankin (Percy Weasley)

La restauration

Contrairement à l’édition 5.1, le choix était beaucoup plus restreint et, d’après les échos que j’en ai eu, moins qualitatif pour tout ce qui était déjeuner.

Stands isolés

Je pense ici au stands près de la sortie, qui m’ont semblé nettement moins fréquentés que les autres des allées.

Stands près de la sortie

Points positifs de cette édition

Le prix toujours petit

Le salon était gratuit pour les personnes déguisées, ce qui incitait d’ailleurs les personnes à venir costumées ou en tenue médiévale et donnait vraiment la touche « Magie et Merveille » de ce salon qui en portait le nom. Les entrées de soutien étaient quant à elles peu excessives, puisqu’il ne fallait débourser que 8 euros pour le samedi ou le dimanche

Même au sein des stands, les prix restaient corrects. Cerise sur le gâteau : le fait de proposer l’affiche en grand format , encore une fois illustrée avec brio par Mathieu Coudray, à seulement 2 euros. De quoi ramener un joli souvenir à accrocher.

La variété des stands

Au niveau des stands, on retrouvait peu ou prou les mêmes que lors de l’édition 5.1, généralement centrés sur l’univers fantastique ou médiéval ou, dans le cas de ceux d’Ohayo Paris, des mangas ou animés. La plupart des stands étaient constitués d’artistes ou d’artisans proposant des créations ou des articles pas forcément communs : bijoux, miniatures, objets de décorations,  habits,  boissons,  pâtisseries, matériaux professionnels pour cosplay, tee-shirts personnalisés, dessins à la demande… On retrouvait aussi de nombreux éditeurs indépendants venus proposer leurs écrits. Il n’y avait au final que quelques stands revendeurs : articles sur les fées ou les dragons plus communs, stand de boutique type « L’Armoire Geek », ou le stand de posters plastifiés qui reste à mes yeux le plus gênant, ceux-ci ne semblant pas du tout officiels.

Mes coups de cœur :

  • La Taverne Maudite et ses bières et boissons à l’hydromel
  • Asteria Karavan, encore magnifique
  • L’Encre de Cthulhu et ses adorables Cthulhu en peluche
  • Resine Miniature pour la finesse de ses miniatures pour jeux de rôle
  • Akiko’s World pour ces adorables bijoux et marque-pages personnalisés
L’Encre de Cthulhu
Mon stand de boissons préférés

 

Variété des animations

Au niveau de l’arène, on pouvait encore une fois s’initier au Quidditch, aux combats de cannes ou sabre-laser et à l’escrime ancienne pour ne citer qu’eux.  La Petite Scène était plus ou moins réservée aux conférences, tandis que la Grande Scène accueillait de son côté les Questions-Réponses avec Chris Rankin, les spectacles des sorc… hypnotiseurs Hypno Eleven, les défilés dont les concours de cosplay, les concerts des Geek Singer ou les plus grosses conférences comme celle de Noob.

Petite Scène
Grande Scène
Initiation à l’escrime ancienne par Montjoie

A cela doivent être ajoutés les stands de jeu du Salon des Jeux qui permettaient de tester de nombreux jeux de société et celui de rétrogaming, ainsi que tous les auteurs ou dessinateurs en dédicace.

Thibault Colon de Franciosi (illustrateur)

Il était par conséquent assez facile de remplir sa journée au sein du salon, voire celles-ci n’étaient pas assez longues (il aurait fallu un retourneur de temps pour pouvoir profiter de toutes les activités).

 

La présence de Chris Rankin

Grâce à l’Armoire Geek, ce festival se parait d’un invité d’honneur de choix : Chris Rankin alias Percy Weasley dans la saga Harry Potter. Entre les séances de Question-Réponse et la possibilité d’obtenir son autographe et/ou une photo avec lui pour une quinzaine d’euros par prestation, il était vraiment accessible. Concernant les prestations payantes, j’ai accompagné le samedi un ami qui faisait les deux et l’organisation était correcte.

Chris Rankin (Percy Weasley)

Les cosplays souvent magnifiques

Mes coups de cœur étaient les 2 mascottes création personnelles, le Nain de Naheulbeuk et le Deadpool steampunk aux détails de cosplay très poussés mais des images valent mieux qu’on long discours : je vous invite à aller voir la galerie dédiée plus bas.

Mascottes originales (et vraiment chou)
Cosplay très impressionnant car il contient de nombreux détails (Hello Kitty et My Little Pony sur les épaulettes, inscriptions sur l’arme…)

L’intégration réussie des 2 autres salons

Plus qu’une nouveauté, je parlerai plutôt d’une intégration officielle. L’édition 5.1 en avait déjà fait une ébauche, mêlant des espaces pour les jeux de rôle et des boutiques de particuliers plus axées sur le manga et l’univers japonais. Ici, chacun a ses allées consacrées, mais sans que cela choque parmi le reste du salon.

L’ambiance

Malgré le manque de place, la plupart des gens restaient souriants, entamaient une discussion avec leurs voisins ou patientaient dans les allées. Les artistes comme Mathieu Coudray sont accessibles, on peut discuter avec eux, voire les féliciter pour leur travail. Lors d’une entracte, l’équipe a remercié sur scène un des organisateurs en lui offrant un cadeau surprise, un moment émouvant. A l’issue de la prestation d’une cosplayeuse, nous avons même eu le droit à une demande en mariage sur scène lors du concours cosplay Harry Potter ! Un des très agréables et jolis moments que l’on pouvait vivre au sein du festival.

Moment émotion : toute l’équipe du salon a offert un cadeau à Nat pour le remercier du temps qu’il consacre à la mise en place du salon.
Une émouvante demande en mariage sur la scène. <3

Bilan

Me concernant, je suis très contente d’avoir participé à cette édition où j’ai passé de très bons moments. Bon, je n’ai toujours pas participé à un spectacle d’Hypno Eleven en tant que « victime » et je n’ai pas goûté les pains fourrés au chocolat du stand « Flaveur des Sens » qui sentaient si bons. Oui, il y a eu parfois quelques petits soucis techniques, mais ça prêtait à sourire plutôt qu’autre chose. J’ai vu des amis, passé un bon moment avec les artistes voire d’autres visiteurs et encore une fois apprécié cette ambiance particulière de convention que j’aime tant, ici mâtinée de fantastique un peu partout. J’ai d’ailleurs bien fait d’en profiter car l’édition de 2018 est encore incertaine. L’équipe souhaitant se réserver pour « frapper un grand coup » pour l’édition 2019, le format de l’édition 2018 pourrait être allégé, voire modifié.

GALERIES PHOTOS

En cas de souci avec une photo, n’hésitez pas à nous contacter et nous ferons le nécessaire

Animations, artistes et conférences

Boutiques

Cosplays et costumes (dont concours)

[LECTURE] Coup de coeur comics: « Locke & Key »

Lorsque j’ai lu Harry Potter plus jeune, j’ai eu ce que j’ai nommé le syndrome du même nom : « Un dernier chapitre. Allez, celui-ci était petit, encore un autre. Ah non, y a trop de suspense, encore un autre ». Et finalement, je ne le lâchai qu’avec réticence. Lorsque mon vendeur de comics m’a conseillé le premier tome Deluxe de l’édition Locke & Key , il m’a prévenu que je le dévorerai et qu’à peine fini, je reviendrai acheter les 2 derniers tomes. Je ne l’ai pas cru. Pauvre insensée que j’étais…

Je n’avais plus eu le syndrome Harry Potter aussi fort depuis longtemps. En moins de 4 jours, j’ai enchainé les tomes de Locke & Key, scotchée à mon siège.

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Alors, qu’est-ce que Locke & Key ? Scénarisée par Joe Hill, le fils de Stephen King, et dessinée par Gabriel Rodriguez, cette série de comic-book a été publiée de 2008 à 2014. Elle a été éditée en France en 6 tomes séparés puis 3 tomes Master Edition aux éditions Milady Graphics. Elle a plusieurs fois gagné le prix Eisner, dont celui de Meilleur dessinateur et celui de Meilleur Scénariste.

L’histoire se déroule à Lovecraft où, suite au meurtre de leur père, les trois enfants Locke (Tyler, Kinsey et Bode) et leur mère Nina emménagent dans la demeure ancestrale de la famille, Keyhouse. Ils s’aperçoivent bientôt que cette maison renferme de nombreux secrets lorsqu’ils découvrent des clés magiques qui détiennent d’incroyables pouvoirs, comme celui de transformer une personne en fantôme ou d’effacer ses souvenirs. Cependant, ils ne sont pas les seuls à en connaitre l’existence et une créature démoniaque convoite elle-aussi les clés, dans un but nettement moins ludique.

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Vous l’aurez compris au nom-hommage de la ville et au résumé, le surnaturel va être légion. Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que Joe Hill est le digne fils de son papa. On veut en savoir plus, comme les autres personnages, et on le découvre au fil de leurs (souvent périlleuses) aventures ou tragédies. On frissonne à plus d’une planche. Entre le danger encouru par les personnages, les créatures monstrueuses ou les ennemis entre-aperçus au détour d’une case, les nerfs du spectateur sont mis à rude épreuve. J’ai fait le lapsus « spectateur » lors du premier jet de ce billet et je le conserve dans cette mouture car c’est loin d’être anodin : le découpage des pages est fait de telle façon que l’on a l’impression de voir défiler sous nos yeux les plans d’un véritable film. Et en tant que spectateur/lecteur, nous voyons certaines choses qu’ignorent les personnages, ce qui augmente notre angoisse pour eux, et sommes dépendants de leur propre avancée pour en savoir plus sur la maison et ses mystérieuses clés.

Concernant le scénario , il ne fait pas bon être personnage secondaire voire principal. Nous sommes dans un comics d’horreur et les morts se comptent à la pelle, généralement violentes et mises en scène de façon réaliste. Le dessinateur n’épargne pas le lecteur et le scénariste n’épargne pas les personnages, quels que soient leur âge, leur sexe ou leur couleur de peau. Si vous avez des problèmes avec les blessures et le sang, faites attention avant d’ouvrir l’album. La violence psychologique est mise en scène de façon tout aussi saisissante. Le lecteur est vraiment ramené à sa condition d’impuissance et de voyeur, supportant la vue de ces morts dans le but de satisfaire sa curiosité concernant les clés et leur histoire. Il n’y a pas de faux pas dans ce scénario. Il tient en haleine et les rebondissements sont nombreux, souvent imprévisibles. A la fin de l’œuvre, tous les mystères sont résolus et toutes les zones d’ombre sont levées. On pourra reprocher une petite facilité scénaristique dans la conclusion, mais honnêtement, pas de quoi bouder son plaisir.

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Quant aux dessins et à la mise en page, que dire ! Loin de se cantonner à la même mise en page tout du long, Gabriel Rodriguez se permet au sein de certains chapitres, avec la complicité du scénariste, des exercices de style . Les personnages sont gigantesques ? Les cases feront une page chacune. Le chapitre porte sur un mois ? La majorité des jours seront représentés par une unique case avec un jeu sur les ellipses. Le chapitre confronte le point de vue de deux personnages ? Une page sera dans le style réaliste normal et l’autre dans le style Calvin et Hobbes, bande dessinée qu’adore le jeune protagoniste Bode, ce qui renforce d’autant plus l’atrocité de ce chapitre. Les dessins sont détaillés et magnifiques, je n’ose imaginer la somme de travail que les pleines pages, plutôt fréquentes, ont dû demander.

Bref, Locke & Key est mon coup de cœur ultime, encore plus que Providence d’Alan Moore et Jacen Burrows qui est déjà celui de 2016. Je ne peux que vous inciter très fortement à vous précipiter sur cette œuvre.

Je profite de ce billet pour encore remercier Olaf de Central Comics (voir article ici ) qui m’a conseillé le premier tome et a incité mes collègues à m’offrir les 2 tomes manquants pour mon pot de départ.

Pour plus d’informations, je vous invite à aller sur la page de l’éditeur ci-dessus : http://www.milady.fr/livres/view/locke-key–master-edition-volume-i–bienvenue-a-lovecraft-casse-tete